La commune et Saint-Pierre

Le nom ancien d'Uchizy : Ulcasicum, Olcasiacum, indique une origine gallo-romaine.

Dans ce site fréquenté depuis l'âge de la pierre taillée, le village s'est peu à peu constitué près d'une source abondante qui alimente actuellement le grand lavoir de la place de la Fontaine. Des villas gallo-romaines dont on a retrouvé des vestiges (Luzé, Benin) et des petites exploitations agricoles se sont installées le long du ruisseau issu de cette source et en bordure des principaux chemins.
Le village s'est vraiment constitué après qu'en 878 le roi de France Louis le Bègue l'eût donné aux moines de Saint-Philibert venus s'installer à Tournus. Pour gérer leur nouvelle possession, ils établissent autour de l'église un prieuré avec ses dépendances : puits, écurie, grange, fenils, volière, four, pressoir et grange des dîmes. Plus tard ils vont l'entourer d'une enceinte fortifiée puis d'une seconde où s'installent quelques demeures de gentilshommes et des petites maisons dans lesquelles les habitants trouvent refuge en période de danger. Protégés par de larges fossés qui se laissent encore deviner, c'est "le château", le bourg actuel "bourg très préservé dont l'urbanisme concentrique mérite une attention particulière" (F.Didier, architecte en chef des monuments historiques).
L'église a toujours été dédiée à Saint Pierre. C'est une église romane à trois nefs, de la fin du 11ème siècle. Le beau clocher carré a été rehaussé d'un étage pour servir de tour de guet.
Curieusement, l'entrée se fait par les côtés, car dès l'origine une construction a été accolée à l'ouest de l'église : prieuré, puis maison seigneuriale, mairie, école et maintenant bibliothèque et salle de réunion.
Au sud du village, la chapelle Saint-Humi (nom local de Saint Hymetière, moine du Jura au VIème siècle) était un lieu de pèlerinage où l'on venait prier pour être protégé de la foudre et pour la guérison des enfants chétifs et des sourds.
Situé dans la vallée de la Saône, couloir de pénétration, Uchizy a vécu et supporté l'histoire : la conquête romaine et les grandes invasions des Germains, celles des Sarrasins et des Hongrois, les guerres entre les Armagnacs et les Bourguignons, les pillages des Grandes Compagnies de la guerre de Cent Ans, des troupes ligueuses et huguenotes, les réquisitions des Autrichiens après la chute de Napoléon, la dernière guerre mondiale.

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Saint-Pierre veille sur la commune depuis le IXe siècle
L’église d’Uchizy a toujours été le cœur du bourg. Elle a été bâtie au XIe siècle sur le site d’un prieuré fondé deux siècles auparavant, déjà dédié à Saint-Pierre et qui dépendait de l’abbaye de Tournus. Pur édifice roman à trois nefs, elle possède un clocher carré qui a été rehaussé d’un étage lors des guerres de religion, au XVIe siècle, pour servir de donjon. Une particularité de l’église consiste en ses deux portails latéraux, car elle a été construite contre un bâtiment qui a été une maison seigneuriale, la mairie ou une école au fil des années, et qui abrite maintenant bibliothèque et salles de réunion. Sur la carte postale de 1900, on voit l’entrée sud avec son porche et à sa droite, accolée à la nef, la sacristie érigée au XVIIIe siècle où étaient rangés objets du culte et registres paroissiaux. Les anciens Chizerots qui ont servi comme enfants de chœur se souviennent qu’ils y revêtaient leurs tenues liturgiques. La suppression de cette pièce en 1978 a permis à l’église Saint-Pierre, classée Monument historique dès 1913, de retrouver son cachet roman originel à l’extérieur, tandis qu’en 2012, les derniers travaux intérieurs de restauration lui ont redonné toute sa magnificence. Si la place a perdu son herbe, elle a peu changé, offrant aujourd’hui un banc aux passants et aux admirateurs d’art roman.

Saint-Pierre et la fête patronale
Pendant des siècles la fête patronale (du saint patron de l’église) était la fête du village, donc le 29 juin pour nous. Mais ce 29 juin est une mauvaise date dans notre région, c’est soit celle des foins, soit celle des blés.
En 1850, le maire et le curé d’Uchizy se sont entendus : la dédicace de notre église reste à saint Pierre et la fête patronale est reportée au saint Pierre suivant, soit Saint-pierre-aux-liens le 1er août (le texte de la délibération est en pièce jointe). Beaucoup plus récemment la fête du village a été portée au 1er dimanche d’août.


La chapelle Saint Humi

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La chapelle des métiers, ou Saint-Humi, construite sur un ancien temple gaulois, a depuis des millénaires été un lieu de pèlerinage, puis de guérison. Plusieurs légendes entourent encore l’édifice.
À l’emplacement actuel de la chapelle, un lieu de pèlerinage était dédié à Sucellus. Ce dieu gaulois, que l’on retrouve aussi sur la façade de l’église d’Ormes, était très apprécié en Gaule. Vêtu à la Gauloise d’une longue tunique ceinturée, barbu et âgé, il est représenté sur chacune des statues avec un maillet, ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom de “dieu au maillet”. La traduction de son nom signifie “bon frappeur”. On venait ainsi à son pèlerinage car Sucellus était le dispensateur de la nourriture, un dieu populaire chez les paysans.
Saint Humi remplace Sucellus
Sur ce même emplacement, et pour anéantir les croyances autres que le christianisme, l’Église construit une chapelle en l’honneur de saint Humi, qui deviendra saint Imetier, sur le lieu même du pèlerinage celte. Ce saint a la réputation d’aider les enfants à marcher normalement, mais surtout à guérir les malentendants. Tout un rituel est nécessaire pour quiconque veut retrouver l’usage de l’ouïe. Il faut déposer son oreille contre la pierre trouée près de l’oratoire. Des sons mystérieux, comme le son des cloches de l’église se font alors entendre du malade. Puis il faut se rendre à l’intersection des Quatre chemins devant la chapelle pour entendre les chevaliers du Temple de sainte Catherine de Montbellet…

Autres légendes entourant la chapelle
Un être, sous la forme d’un loup-garou, aurait, pendant la période des templiers, rodé la nuit autour de l’église. Cette très mystérieuse légende qui a pris naissance dans un roman ne serait en réalité qu’une histoire pour inciter les enfants à ne pas sortir la nuit. Pour information, le loup-garou a pris la fuite. Le saint lui est apparu au moment où il essayait de voler la pierre trouée.
Un saint qui ne veut pas partir
Pendant la Révolution, des hommes ont essayé de transporter la statue de saint Imetier en dehors de l’église. Certains ont été foudroyés seulement en la posant sur leurs épaules. D’autres ont vu le char sur lequel la statue était posée se briser en plusieurs morceaux. Devant la force du saint, la statue est restée dans sa chapelle.

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Les origines d'Uchizy

De nombreux historiens ont prêté aux habitants d’Uchizy des origines sarrasines. Retour sur l’un des mystères du Tournugeois
Au début du XIXe siècle, Thomas Riboud, puis un certain Ragut, ont relaté dans leurs écrits des particularités intrigantes propres au village d’Uchizy. Les deux auteurs décrivent chez les Chizerots des rituels à consonances orientales. Ribout explique que lors des mariages, les invités crient « Allah » («dieu» en arabe). Leurs descriptions allant un peu plus loin, Ragut écrit que la médecine locale est basée sur le massage, d’origine orientale. En 1894, Arsène Dumont, qui reprend les études de Gabriel Jeanton et Marcel Lagneau, se rend à Uchizy. Il ne retrouve dans le village aucune trace des faits décrits plusieurs décennies auparavant. Pour M. Dumont, les noms de familles sont bourguignons, et les populations identiques à celles des villages voisins. Il émet cependant l’idée que quelques familles de Tziganes aient pu s’installer dans la région.
Origines tziganes ou arabes ?
Les origines arabisantes s’affrontent alors avec celles dites tziganes. Les défenseurs de la première thèse ciblent les invasions arabes du VIIIe siècle pour en expliquer les origines. Pour l’influence tzigane, c’est la bataille de Tournus, en 197, qui en serait à l’origine. Claudius Albinius, défait dans la région, avait dans ses armées des soldats venus de Pannonie, région de l’Europe centrale. Une autre piste, plus récente, a été mise en avant. La prise de Constantinople (Istanbul) par les Turcs en 1453 aurait fait déplacer des populations d’Europe centrale jusqu’en Bourgogne.
L’hypothèse de Lamartine
Dans l’un de ses écrits, Lamartine parle lui aussi des Sarrasins du Mâconnais. Il explique que des prisonniers ramenés des Croisades du Proche-Orient auraient été ensuite libérés. Ces 150 hommes et femmes originaires de Palestine se seraient donc installés dans la région. Il existe d’ailleurs non loin de là, dans l’église de Farges-lès-Mâcon, une vasque sur laquelle sont reproduites des sculptures arabes. Toutes ces raisons n’auraient à ce jour aucun fondement ni preuve tangible pour Claude Brun, autre historien du XXe siècle. Le mystère reste donc entier. Car en Bresse bourguignonne, le terme de sarrasin est aussi employé pour définir un type de cheminée. Mais elles n’ont aucun lien avec l’Orient. Sarrasin serait dans ce cas synonyme de barbare, d’inconnu dans les dialectes locaux.
Sources : Les mystères de Saône-et-Loire, Alain Lequien, éd De Borée ; Uchizy, une colonie de sarrasin en Bourgogne, Arsène Dumont ; Mémoires politiques, Alphonse de Lamartine ; Les populations dites sarrasines, des bords de la Saône, par Gabriel Jeanton. Article du Journal de Saône et Loire


Chateau En Grenod

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Propriété de la fin du XIVe siècle à 1478, d'une famille comtoise, les Fitigny, le fief de Grenod échut ensuite aux Montrichard, également comtois, puis fut partagé en trois lots en 1575, à la mort de Philibert de Montrichard. Vers 1600, Louis de Mincey parvint à le réunifier avant de le léguer à sa fille Jeanne, épouse de Louis de Franc, en 1620. De ce fait, il passa en 1728, à Marc-Antoine de Lavaur. Le château fut saisi en 1791 sur Louis-René de Lavaur, puis racheté par Jean-François de Lavaur. Par les femmes, il parvint à la famille Méziat qui le possédait à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui le domaine appartient à la famille Lardy. Bien que défiguré, Grenod, sans son décor boisé, conserve encore l’air sombre et retiré d’un petit repaire féodal avec sa tour et ses quelques vestiges du Moyen-Âge. Il subsiste un corps de logis de plan rectangulaire allongé à un étage en surcroît entre deux pavillons, dont les façades sont de même alignement que les siennes, on accède au rez-de-chaussée par une porte charretière en anse de panier, accostée d'une porte piétonne en plein cintre.

Éléments protégés MH : les façades et les toitures du château ; la cheminée du XVe siècle de la cuisine : inscription par arrêté du 29 novembre 1976.

Château de Grenod ou Grenaud 71700 Uchizy, propriété privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur en lisière de la commune, dans la petite vallée de l'Ougie.

La photo à droite représente un autre élement protégé du patrimoine de la commune : une Niche du 16e siècle avec statuette de Saint-André : inscription par arrêté du 20 mai 1927

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